résistance 1 : main basse sur la ville …

Ce jour je profite de mon droit de retrait du travail, pour nourrir ce blog d’articles et autres où apparaissent mes centres d’intérêt  ; le partage et la vie dans l’espace public, celui qui existe entre le bâti ou parfois inclus dedans, est une question fondamentale du vivre ensemble à mes yeux.

Les analyses et les réflexions développées sont, au delà d’une première étape de résistance contre la déshumanisation de nos vies, des pistes à investir de façon créatives et généreuses en ces temps  de « bonnes résolutions » pour 2020…

Bonne lecture (je reproduis intégralement l’article de USBEK ET RICA) et bon visionnage du documentaire d’Arte.

 

Main mise sur les villes, Documentaire sur la question du droit à la ville et la démocratie urbaine réalisé par Claire Laborey (2013), Arte

 

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« L’architecture du mépris a des effets sur nous tous » article Uzbek et Rica, de Vincent Edin

Dans Reprendre Place, contre une architecture du mépris (Payot, 2019) le philosophe et maître de conférences à l’université de Strasbourg Mickaël Labbé pointe les dérives d’un mouvement de privatisation de l’espace urbain qui réduit le nombre de personnes pouvant obtenir un « droit à la ville ».

 

Usbek & Rica : Le sous-titre de votre livre emploie un terme très fort, « l’architecture du mépris ». Comment du simple mobilier et des décisions urbaines peuvent-elles « mépriser » et qui sont les victimes de cet ostracisme ?

Mickaël Labbé : Cette formule n’est pas de moi, mais de Georges Pérec dans son livre Espèces d’espaces (éd. Galilée, 1974). Elle correspond aussi aux travaux du philosophe et sociologue allemand Axel Honneth, qui travaille sur la notion de reconnaissance. Ce que j’observe récemment, c’est qu’un certain design, un mobilier urbain et une production de formes urbaines agissent sur la formation d’identités individuelles et collectives. Au fond, un certain type d’architecture agit sur les identités et façonne ceux qui se sentent légitimes, ou non, à être là.

Souvent, on analyse la ville en des termes macroscopiques : les inégalités économiques, la répartition par CSP, ou encore l’injustice spatiale et juridique. Cela donne un type de vision qui n’est pas inexact, mais on passe à côté d’un mode d’action négatif des villes. Ces dernières sont obsédées par leur image, qui est leur outil de valorisation le plus important. Aussi, puisqu’elles ne peuvent ouvertement ségréger, elles signifient spatialement le mépris par une architecture excluante. Cela peut passer par du mobilier urbain, type banc à SDF, soit par de larges projets privatisés comme EuropaCity (dont l’abandon a été acté en novembre dernier par le gouvernement, ndlr) ou le réaménagement de la Gare du Nord, où on signifie aux individus que ce qui nous intéresse chez eux, c’est leur part de consommateur. Dès lors qu’ils ne peuvent l’être car ils sont insolvables, ils comprennent de facto qu’ils ne sont pas les bienvenus.

Mickaël Labbé

 

Les populations « ciblées » sont donc plus larges que les seuls SDF ou les réfugiés ?  

Le banc anti-SDF est un exemple paradigmatique. Le Camden bench, par exemple, qui a été commandé par les autorités locales (dans le quartier de Camden, à Londres) en 2012 n’est pas du tout confortable et empêche les SDF de dormir dessus. En outre, ses striures centrales font fuir les skateurs. On ne peut pas squatter, graffer, traîner dessus : en somme, ce mobilier assimile les jeunes à des groupes qui potentiellement vont faire des conneries et dégrader le mobilier. La ville devrait leur offrir un terrain d’aventures, un moyen de former des groupes, et au contraire elle rejette les jeunes.

Au fond, cette « architecture du mépris » a des effets sur nous tous, des effets complètement irrationnels : la ville est moins accueillante, moins fonctionnelle, les marginaux ne peuvent pas squatter et les familles ne peuvent même pas se poser. Ce mobilier nous oblige à être dans le mouvement perpétuel et nous empêche de nous arrêter pour former un « nous » confiant, accueillant. Évidemment, ces choix urbains ne sont pas neutres : ils reflètent un modèle social fondé sur l’évitement des conflits et la maîtrise des débordements.

Le principe du contrôle peut s’entendre dans une logique autoritariste, mais n’est-il pas injustifiable politiquement ?

Vous touchez là un grand mystère ! C’est effectivement injustifiable, insoutenable pour quasiment tous les élus. Notamment, parce que ça ne sert aucune logique : ce type de mobilier ne va régler aucun problème de précarité ou d’isolement, et pourtant il est de plus en plus présent. J’ai récemment échangé avec le directeur de l’urbanisme de Strasbourg au sujet de la place d’Austerlitz, qui a été envahi par ce type d’équipements, et je lui ai demandé qui était responsable de ça. Il m’a répondu, sans doute sincèrement, qu’il ne savait pas. Il y a une forme de déresponsabilisation et d’effet de logique folle, où la décision n’est pas assignable à quelqu’un de précis. C’est très kafkaïen ! En investiguant, on peut réussir à trouver, dans le cas de décisions très localisées, s’il s’agit d’apports publics ou privés. Mais la plupart du temps, les responsables restent non identifiés. Le néolibéralisme produit parfois des effets injustifiables pour la démocratie, qu’il n’assume pas, ce qui pose des problèmes politiques insolubles.

Une des autres causes de la réduction du « droit à la ville » pour ses habitants est liée à la hausse du tourisme, qui mène à un renversement de l’accueil avec des vagues de « tourismophobie ». À quand remonte ce phénomène et quelle ampleur prend-t-il ? 

Il n’y a pas de carbone 14 du phénomène, mais disons que cela a émergé dans des grandes villes dans les années 2000. Alors, si on reprend la question posée par le sociologue Henri Lefebvre – « Qui a droit à la ville ? » -, la part des habitants historiques décroit de façon drastique à cause de la flambée des prix du foncier. Mécaniquement, les habitants sont expulsés plus loin au profit d’espaces d’accueil de touristes, plus solvables. Or, la ville est un lieu d’usages multiples et d’abord un endroit où on habite. Quand, sous l’effet de la marchandisation et de la valorisation, on délaisse le bien commun et on pense l’urbain de façon privatisable, les habitants locaux se sentent dépossédés, en perte de reconnaissance, et se rebellent.

« Il n’y a pas seulement un « sentiment » de dépossession du droit à la ville, cette dépossession existe bel et bien »

Il ne s’agit pas de dire que les touristes sont malvenus : ça n’est ni de la xénophobie ni de l’atteinte aux touristes, mais une lutte contre le sur-tourisme et ses pratiques. On rentre dans un « eux » contre « nous » car l’issue est, mathématiquement, très inquiétante : les villes les plus attractives touristiquement perdent des habitants. Je pense à Venise, bien sûr, passée de près de 175 000 habitants dans les années 1950 à 55 000 aujourd’hui. Mais aussi Paris, qui perd 15 000 habitants par an depuis cinq ans… Il n’y a pas seulement un « sentiment » de dépossession du droit à la ville, cette dépossession existe bel et bien.

Reprendre Place, contre l’architecture du mépris, Mickaël Labbé, Ed. Payot, 2019

 

Au-delà du mobilier, vous pointez deux « dérives » urbanistiques, les gated communities et les business improvement districts. Pouvez-vous nous les présenter ?

Les « Business Improvment Districts » (BID) sont en expansion partout dans le monde. J’invite les lecteurs à taper ce sigle dans Google images pour découvrir une architecture standardisée, arasée, sans aspérité ni diversité, qui gagne malheureusement du terrain chaque jour. Sur ce sujet, une des grandes découvertes pour moi a été le magistral documentaire de Frederick Wiseman, In Jackson Heights (2015), sur la vie de ce quartier de Brooklyn transfigurée par un BID. Il s’agit de partenariats public-privé qui essaiment partout dans le monde. Les BID, comme les bancs pour SDF, sont des symptômes des nouvelles pathologies de la ville. Avec les BID, on perd ce qui fait l’essence de la ville, l’altérité. On la perd de façon non démocratique et on aboutit à l’archipélisation décrite par Jérôme Fourquet, c’est-à-dire à une ville atomisée.

Dans le cas de Jackson Heights, on a abouti à un effet d’exclusion massif des gens qui ont fait la richesse de ce quartier. Jadis, on y parlait 147 langues, il y avait des échoppes, des commerçants, des atmosphères urbaines introuvables ailleurs qui ont, justement, attiré les promoteurs. Et ceci au prix de mécanismes fondamentalement anti-démocratiques, avec des réunions publiques tenues en catimini et du consentement obtenu par défaut qui s’est soldé par des expulsions des habitants ne pouvant continuer à vivre dans le nouveau quartier.

Jackson Heights n’est donc pas un phénomène isolé. Dans Main mise sur la ville (documentaire en ligne), on voit ces mécanismes à l’œuvre partout, en premier lieu à Hambourg, en Allemagne, où des habitants sont en lutte contre un BID qui va prendre des décisions de mise en forme du quartier, très rectiligne et sécuritaire, en contradiction avec la vie historique du quartier. Ce genre d’agressions urbaines contre les habitants se retrouvent des États-Unis au Royaume Uni en passant par l’Afrique du Sud, c’est un vrai fléau.

Dans votre livre, vous dites aussi que nous ne sommes pas condamnés à subir ce mépris. Comment aller vers une architecture de la convivialité ? 

Il n’y a pas de réponse unique, mais beaucoup d’initiatives sont à l’œuvre actuellement pour contrer ces phénomènes, chez les habitants comme les architectes. Nous avons eu récemment de très beaux exemples de droit à la ville défensifs. EuropaCity, qui a reculé au point d’être annulé, c’est preuve que la mobilisation et l’argumentation peuvent prévaloir. Il y a aussi la mobilisation autour du réaménagement de la gare du Nord. En faisant de nos villes des ZAD, on peut contrecarrer l’architecture du mépris. En alertant contre le mobilier anti-SDF, on peut parvenir à le faire retirer.

D’autre part, en droit à la ville positif, du jardin partagé à la friche, des tas d’exemples d’urbanisme collectif et commun pollinisent. Les élus ne doivent pas instrumentaliser ces projets mais leur laisser une chance. Au-delà du résultat, c’est le processus de ces projets qui compte. Ils sont trop souvent utilisés de façon temporaire, pourquoi ne pas les pérenniser ? Même si c’est un peu bancal, un peu moche, un peu imparfait, il se tisse des liens, des processus sociaux très intéressants. Les gens qui sont venus dans ces lieux rentreront changés chez eux, et c’est l’essentiel. Enfin, des collectifs d’architectes, à rebours des archistars du secteur, font des choses très intéressantes pour retisser du commun. Je pense par exemple au collectif ETC, qui valorise la logique du chantier et réaménage l’espace directement avec les populations, ce qui valorise les lieux et permet aux populations de s’approprier ces espaces. Mettre en avant ce genre de démarche inclusives, c’est un choix de société. Mais c’est possible.

Photo de groupe du collectif Etc. Source : collectifetc.com

 

Pourquoi avoir placé votre épilogue sous le sceau de la tristesse à Notre-Dame-de-Paris post-incendie ? 

Parce que cet événement nous a rappelé comment l’architecture est présente dans nos vies et nos identités, comment elle nous façonne bien plus que nous n’en avons conscience. Cet incendie d’un bâtiment extraordinaire pourra peut-être nous amener à prendre davantage soin de lieux plus ordinaires et familiers qui sont les nôtres. Par ailleurs, cela m’a aussi rappelé la puissance de la réunion. Post-incendie, il n’y eut aucun antagonisme : touristes, parisiens ou provinciaux, croyants ou non, il n’y eut pas de « eux » contre « nous », mais une grande réunion autour d’un bâtiment. Et le fait que l’on débatte sans fin de la façon de reconstruire Notre-Dame-de-Paris prouve que l’architecture nous façonne, et donc qu’il faut repolitiser et resocialiser cette discipline.

 

Orphée sous toutes les coutures ….

Ça commence par L’orfeo de Claudio Monteverdi, premier opéra baroque connu, composé au début du XVII ième siècle en Italie…interprété au Théâtre du Capitole par Ensemble I Gemelli
avec Emiliano Gonzalez Toro à la direction…

Puis la création de « D’orphée et Eurydicie » de W. Gluck (créé fin XVIII ième), ici, dansé par la compagnie de Pina Bausch  Opéra dansé by Pina Bausch (Marie-Agnès Gillot) and Stéphane Bullion Soprano : Yun Jung Choi Mezzo-soprano : Agata Schmidt

Ça continue avec le film inoubliable « orfeu negro » réalisé par Marcel Camus en 1959.

Le synopsis : A la veille du carnaval de Rio, Eurydice arrive de la campagne pour y retrouver sa cousine Sérafina. Elle fait la rencontre d’Orphée, conducteur de tramway et artiste adulé par le peuple pour ses qualités de danseur et de guitariste…..et la chanson fameuse chanson du carnaval…et la fameuse chanson de Maria Candido « La Chanson D’Orphée »

Matin, fais lever le soleil Matin,à  l’instant du réveil, Viens tendrement poser, Tes perles de rosée, Sur la nature en fleurs,  Cher à mon coeur, Le ciel a choisi mon pays, Pour faire un nouveau paradis O loin des tourments, Danse un éternel printemps Pour les amants,  Chante chante mon coeur La chanson du matin Dans la joie de la vie qui revient. Matin, fais lever le soleil, Matin,à l’instant du réveil Mets dans le coeur battant De celui que j’attends Un doux rayon d’amour Beau comme le jour Afin que son premier soupir, Réponde mon premier désir Oui, l’heure est venue O chaque baiser perdu Ne revient plus… Chante chante mon coeur La chanson du matin Dans la joie de la vie qui revient….

 

 

 

« Blanding » : vers un monde plus aseptisé ?

À l’heure où l’on parle d’envoyer des logos dans l’espace et où les sollicitations publicitaires font souvent plus de bruit que de d’effet, quelles mutations doivent envisager les marques ? Réponse avec Johanne Casagrande, Directrice générale adjointe de l’agence W. et Valentin Baumont, Directeur de création.

Bataille de l’attention, guerre de l’émergence… Ces termes, vous les connaissez. À l’heure où nos flux d’actualité sont saturés de sollicitations publicitaires (en moyenne 5 000 par jour dans une vie), où 8 000 marques se créent tous les jours dans le monde, tous marchés confondus, où seulement 5 minutes s’écoulent avant que nous ne cliquions sur notre premier logo le matin, comment hisser sa marque au sommet du panier ? Faudrait-il crier plus fort que tout le monde et brander tout ce qui bouge ou plutôt se mettre à chuchoter ? Quand on sait que l’expérience prime, ne devrait-elle pas être le nouveau levier des marques ? Autant d’hypothèses que Johanne Casagrande, Directrice générale adjointe de W. et Valentin Baumont, Directeur de création, ont désiré explorer lors de la masterclass « Brand me if you can » organisée par L’École de la Marque.

Vers une nouvelle économie des signes

Pour y voir plus clair, il faut revenir à la définition même d’une marque, cet agrégat de signes tangibles et intangibles, de couleurs, de typographies, et mêmes de sons qui n’existent que pour se différencier des autres. Il faut aussi revenir à l’étymologie du mot branding dont les racines viennent du mot « brandon », sorte de torche enflammée censée éclairer ou allumer un feu et utilisée pour marquer ou tracer le bétail. On l’utilisera, plus tard, pour différencier des objets entre eux et encore aujourd’hui pour distinguer des produits de consommation en rayon.

Pour Valentin Baumont, cette course à la différenciation se livre davantage sur le terrain des signes (couleurs, formes…) que des mots : plus ils sont simples, plus ils sont appropriables. Il cite, à titre d’exemple, une étude menée sur un panel aux États-Unis lors de laquelle des individus devaient représenter de mémoire les logos des marques Apple, Starbucks et Target. À l’issue du test, on comptait 25% de dessins parfaits pour Target, 20% pour Apple et seulement 6% pour Starbucks…

logos Apple Target et Starbucks

logos Apple Target et Starbucks

C’est simple, la reconnaissance d’une marque s’opère dans l’efficacité de ses signaux et dans l’immédiateté de leur lecture. Récemment, Mastercard choisissait même d’effeuiller son logo pour ne garder que son symbole historique : deux ronds juxtaposés et reconnaissables entre mille. Frugalité deviendrait mère de vertu et Mastercard n’est pas la seule marque à l’avoir compris. HSBC optait récemment pour la même stratégie et délaissait les mots au profit de son seul logo.

« Blanding » : vers un monde plus aseptisé ?

logos google spotify pinterest

En vogue en ce moment, la notion de « blanding » (= fade, sans goût). Elle évoque l’épuration et la simplification de tous ces univers de marque, qu’il s’agisse de formes (les carrés et les ronds n’ont décidément pas fini de séduire), ou de typographies (elles se sont notamment simplifiées au fil du temps pour se délester de toute appartenance culturelle ou religieuse). Chez Google, Spotify et Pinterest, les typos à empâtements disparaissent peu à peu. Même les maisons de luxe et marques au patrimoine fort s’y mettent et rationalisent l’expression de leur nom, quitte à y laisser leur singularité en chemin.

typographies de marques de luxe

Et le « blanding » sévit aussi côté couleurs. « Il suffit de prendre le métro à Paris pour le voir », souligne Johanne Casagrande en évoquant ces marques qui n’hésitent pas à utiliser une même palette de tons pour vendre des produits totalement différents.

« C’est aussi un phénomène que l’on peut lier aux start-up de la tech qui ont davantage besoin d’interfaces utilisateurs simples et de couleurs écran vives », poursuit-elle. Bref, un branding qui, sous couvert de plaire plus efficacement aux millennials, prend finalement peu de risques et se fait de plus en plus aseptisé. Là où il n’y avait que des marques différentes ne subsistent que des clones que l’on peine justement à différencier. En ce sens, le « blanding » n’aide pas à gagner la guerre de l’émergence.

Vers une économie de la sensation

Ici, l’expérience pourrait s’avérer clé et aider les marques à se singulariser. À ce titre, Johanne Casagrande cite un chiffre de l’ouvrage Thinking Fast and Slow de Daniel Kahnmann : 95% des décisions humaines se basent sur l’instinct et l’intuition. En effet, ce n’est souvent qu’à l’issue d’un choix que la raison vient justifier ce dernier. Lors de nos prises de décision, l’émotion serait donc clé ! Une aubaine pour les marques qui peuvent capitaliser davantage sur ce qu’elles nous font ressentir plutôt que sur ce qu’elles nous montrent.

En 1998, lors d’une interview pour The New York Times, le directeur de recherche de la marque Burger King allait jusqu’à affirmer que le Big Mac n’était pas qu’une simple icône américaine mais bien un goût, un goût si puissant qu’il est devenu un étalon de valeur, un standard édictant les règles. Quand on pense burger, on pense Big Mac. Simple. L’enjeu pour les marques ? Trouver notre Madeleine de Proust et faire perdurer sa nostalgie dans le temps en misant sur nos sens.

En France, les jingles sont par exemple devenus de véritables signaux culturels, à tel point que l’identité sonore de la SNCF atteint un taux de notoriété de 98% et un taux d’agrément et de reconnaissance de 94% . À l’heure où nos échanges se font de plus en plus dématérialisés, le sens du toucher connaît lui aussi un regain de vitalité. Bonne nouvelle, nous avons toujours besoin d’aller en magasin pour toucher, voir et sentir un produit, en particulier pour des achats alimentaires. Et le constat est le même du côté de l’odorat. Selon une enquête BVA, 97% des clients confrontés à une zone parfumée sont conquis par l’ambiance, ce qui a pour effet de consolider leur lien avec la marque. Certaines entreprises, même les plus insolites, optent pour une stratégie olfactive, à commencer par la Juventus (oui, oui) ou encore  Thalys, qui lançait récemment un voyage sensoriel à Paris, Bruxelles, Amsterdam et Cologne.

Ce qu’il faut retenir

  • Nous sommes passés d’un branding de puissance visible à un branding indiciel et expérientiel. Des marques comme Google et Amazon ne poursuivent pas une stratégie de « logo XXL » et sont pourtant extrêmement puissantes. La saturation visuelle pousse à développer un univers plus riche qui joue avec nos sens (voix, son, lumière, usages…).
  • Il s’agit moins de trouver comment vendre un produit à une personne que d’identifier ce que l’on veut qu’elle ressente. Les émotions sont le ciment de le mémoire et offrent aux marques la possibilité de tous nous toucher. L’enjeu : créer des liens toujours plus personnalisés. Demain, les marques pourraient bien faire encore plus partie de notre vie intime…

Lacoste …crocodile inside !

chansons des jours fériés …

« Reckoning Song » No more tears, my heart is dry I don’t laugh and I don’t cry I don’t think about you all the time But when I do –I wonder why You have to go out of my door And leave just like you did before I know I said that I was sure But rich men can’t imagine poor. One day baby, we’ll be old Oh baby, we’ll be old And think of all the stories that we could have told Little me and little you Kept doing all the things they do They never really think it through Like I can never think you’re true Here I go again – the blame The guilt, the pain, the hurt, the shame The founding fathers of our plane That’s stuck in heavy clouds of rain. One day baby, we’ll be old Oh baby, we’ll be old And think of all the stories that we could have told.

 

et les bisons de MORIARTY « Jimmy »

 

Jimmy won’t you please come home Where the grass is green and the buffaloes roam Come see Jimmy your uncle Jim Your auntie Jim and your cousin Jim Come home Jimmy ’cause you need a bath And your grandpa Jimmy is still gone daft Now there’s buffalo Jim and buffalo Jim There’s Jim buffalo now didn’t you know Jim Jim Jimmy it’s your last cigarette And there’s buffalo piss and it’s all kind of wet Jumbo Jimmy you’d better hold your nose All roads lead to Rome with the buffaloes And the Buffaloes used to say be proud of your name The Buffaloes used to say be what you are The Buffaloes used to say roam where you roam The Buffaloes used to say do what you do Hey you’ve gotta have a wash but you can’t clean your name You’re not called Jimmy you’ll be Jimmy just the same The keys are in a bag in a chest by the door And one of Jimmy’s friends has taken the floor Jimmy won’t you please come home Where the grass is green and the buffaloes roam Dear old Jimmy you’ve forgotten you’re young But you can’t ignore the buffalo song And the Buffaloes used to say be proud of your name The Buffaloes used to say be what you are The Buffaloes used to say roam where you roam The Buffaloes used to say do what you do X4 If you remember you’re unknown Buffaloland will be your home

Autres ressources pour LACOSTE

Des articles et des campagnes pour compléter votre connaissance de la marque ….

sur Instagram

et

Un article de 2011 dans Capital sur « LACOSTE : LES NOUVEAUX APPÉTITS DU VIEUX CROCODILE »

Et une étude de cas marketing complète ICI (de 2011).

Et un article plus récent (mai 2014 

Lacoste se recentre sur son coeur de marque: pub,digital

lacoste_logoAprès la bataille homérique entre père et fille et le changement d’actionnaire, le suisse Maus en 2012, la marque Lacoste a décidé de s’ancrer dans le luxe et de jouer davantage sur l’émotionnel pour dominer son marché sur les prochaines années. Comme toutes les marques de luxe, elle s’appuie sur des paradoxes qui la rendent singulière. Elle allie tradition et modernité, dimension affective (le crocodile) et rationnelle (technicité, innovation). Un héritage de son fondateur, René Lacoste dont l’esprit a été perpétué. 2014 marquera le recentrage sur son coeur de marque pour réunifier son image qui s’était un peu diluée. Avec deux objectifs : gagner en statut et en désirabilité. Décodons ensemble ce recentrage, cette inflexion plus qu’un grand tournant qui est donnée à la marque sous les différents angles notamment pub, une approche à 360° ainsi qu’en avant-première le premier parfum Lacoste Live!.

Lacoste est une très belle marque qui peut s’enorgueillir d’un héritage très porteur  lié à la philosophie de son fondateur : l’esprit sportif (l’engagement, le fair play, l’élégance), l’innovation (le premier polo, le premier logo) et le savoir-faire français (la recherche est concentrée à Troyes). Renforcer cet héritage, cela veut dire des choix forts dans les collections avec des produits iconiques revisités chaque saison par le designer Felipe Oliveira Batista : la chemise Lacoste, le blazer et le pull tennis et qui mettent l’accent sur le casual. Le polo symbole et poids lourd des ventes (30% du CA 80 ans après sa création) est à la fois technique et traditionnel, il nécessite 20 km de coton aux fibres longues et résistantes.

Collection printemps 2014 Felipe Oliveira Batista pour Lacoste

Collection printemps 2014 Felipe Oliveira Batista pour la marque Lacoste

 

Lacoste Live ! digital

Recentrage du portefeuille de marques et des cibles.  La marque Live!, satellite conçu comme un laboratoire d’idées, destiné initialement à rajeunir Lacoste, au positionnement plus accessible et teen-agers pour les 15-25 ans, se voit réorientée stratégiquement avec un style plus mature destiné à une cible 25-30 ans plus mode, plus edgy/pointue pour davantage nourrir le territoire de la marque Lacoste. Priorité absolue est donnée à l’homme en pub et en retail, ainsi la nouvelle boutique de Beaugrenelle lui est entièrement dédiée.
En retail, le nouveau concept des boutiques et des vitrines sortira d’ici la fin de l’année. Il nous faudra donc encore patienter.
Côté digital, les différents sites existants Sport, Live! et le site de e-commerce seront réunifiés dans la nouvelle plateforme digitale en juillet prochain. C’est un levier extrêmement puissant de Lacoste qui excelle sur les réseaux sociaux et compte plus de 13 millions de fans sur sa page facebook en France. Elle y a même lancé des f-boutiques éphémères. Voir la refonte du site web en cliquant.
Update : offensive e-commerce très smart en Chine décodée dans cet article du blog : Lacoste in the Air 2.0, expérience e-commerce disruptive.

Nouvelle signature, nouvel esprit, une pub signée BETC © Jacob Sutton

Nouvelle signature, nouvel esprit pour la marque, une pub signée BETC © Jacob Sutton

Enfin, côté pub, un nouveau slogan Life is a beautiful sport vient signer la campagne. Il s’intègre à une campagne qui place l’urbain, l’esprit sportif et la confiance en soi en son coeur. Des visuels shootés par Jacob Sutton qui capitalisent sur certains points forts des anciennes campagnes, notamment les dimensions d’air et de défi. L’accent est davantage mis sur l’extérieur que les précédentes campagnes très fashion car shootées en studio, avec notamment Adrian Brody en égérie star. Pour ma part, je suis plus sensible au film pub Le grand saut réalisé par Seb Edwards qui fait un carton sur le web avec plus de 15 millions de vues qu’à la pub presse car je trouve cette dernière moins émotionnelle, moins onirique, plus figée, plus froide. Elle met plus à distance que le film qui est fortement empreint des codes parfum et dont la musique You&Me de Disclorure à l’effet planant colle aux images et cartonne.  

BETC Paris pour Lacoste – vêtements et… par strategies-creations

Edit du 03 décembre : ce film fort réussi vient de recevoir le Grand Prix Startégies du luxe 2014.
Le coup d’envoi de la campagne a été les JO d’hiver à Sotchi pour la France, puis en mars pour l’étranger. Elle est actuellement en affichage sur Paris. Revue des précédentes campagnes pub.

campagne 2010 pour la marque Lacoste

campagne 2010 pour la marque Lacoste signé du slogan Un peu d’air sur terre

Pub 2011 à l'esprit élégant et fashion © Mert & Marcus

Pub 2011 à l’esprit élégant et fashion © Mert & Marcus

pub Lacoste 2012 shotée par CraigMac Dean

pub Lacoste 2012 shotée par CraigMac Dean

Lacoste-adrian-brody-2012

Plus qu’un repositionnement de marque, c’est un véritable projet d’entreprise porté par tous et touchant autant l’offre produit, les collections, le concept des vitrines et des boutiques, la communication, le digital…Un projet dont l’équipe nous a dévoilé le process et les temps forts lors de la conférence Luxe de L’Adetem.

Et vous, que pensez-vous de cette nouvelle stratégie ? de cette nouvelle campagne ?

Actu de dernière minute : la marque sous licence Coty lance le premier parfum Lacoste Live avec pour claim New perspective. Voici en avant-première son pack destiné aux hommes.

Premier parfum Lacoste Live
Au début de l’été, Lacoste a mis en place une opération digitale sur les réseaux sociaux, originale et artistique à découvrir dans cet article.

 

LACOSTE a une nouvelle game, plus jeune, LACOSTE LIVE, dont vous trouverez des visuels ICI – attention, ils ont communiqué autour de la sortie de cette sous-gamme et du parfum il y a 6 ans …. les supports de communication actuels sont surtout Instagram et les produits eux-mêmes (dont les packagings et produit dérivé, le parfum).

  • Lacoste Live - Campagne publicitaire pour la collection printemps-été 2012
  • Lacoste Live - Campagne publicitaire pour la collection printemps-été 2012
  • Lacoste Live - Campagne publicitaire pour la collection printemps-été 2012
  • Lacoste Live - Campagne publicitaire pour la collection printemps-été 2012
  • Lacoste Live - Campagne publicitaire pour la collection printemps-été 2012
Le 23 octobre dernier, nous vous présentions la collection automne-hiver 2011-2012 de la ligne Lacoste Live (à voir ici). Il est temps maintenant de s’intéresser aux beaux jours à venir et de découvrir la série printemps-été 2012 à travers la campagne publicitaire de la marque. Images.

La marque sportswear Lacoste possède une ligne jeune, chic, sportive et colorée baptisée Lacoste Live – ou Lacoste L!VE. C’est la collection printemps-été 2012 de cette ligne pour hommes, et pour femmes, que la marque au crocodile présente dans la campagne publicitaire que voici.

Pour celle-ci, Lacoste Live a fait appel au photographe Mark Hunter, dit aussi The Cobra Snake. Ce dernier a shooté la campagne aux Etats-Unis, et plus précisément à Brooklyn, après qu’un casting sauvage ait été organisé afin de trouver les mannequins d’un jour dans la rue. Jeunes hommes et jeunes femmes exhibent donc la collection très colorée de la saison prochaine en posant dans la rue.

Afin de mieux mettre en valeur la collection mais aussi pour rappeler l’univers graphique de la ligne et apporter du peps à la campagne, Lacoste Live a également fait appel à Aakash Nihalani, un artiste street qui élabore ses oeuvres géométriques avec des bandes autocollantes flashy. Il crée ainsi des effets de perspective remarquables.

ressources pour les vitrines

Voici des liens pour trouver des ressources visuelles ou textuelles sur la conception de vitrines :

Un article sur vitrines banches ICI.

Un article sur l’exposition centrée sur l’univers de Leïla Menchari, figure historique de la Maison de luxe Hermès, qui, 35 ans durant, a imaginé, dessiné et réalisé les décors des vitrines du sellier. « Hermès à tire-d’aile – Les mondes de Leïla Menchari », tel est son titre, s’est tenu au Grand Palais en 2017.

pourquoi nous en sommes addicts ????

Tu es accro à tes applis ? Tous les matins après Twitter, tu checkes tes flammes sur Tinder. Pas de métro sans YouTube ou Candy Crush. Instagram est irrésistible, Facebook addictif, t’es accro à Snapchat… et tu pètes les plombs quand t’as plus de batterie pour Uber. T’inquiète pas c’est normal. Toutes ces applis sont conçues pour te rendre complètement addict en activant dans ton cerveau la molécule responsable du plaisir, de la motivation et de l’addiction… la dopamine !

DOPAMINE vue par ARTE … et encore des vidéos regardées en toute bonne conscience …

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-017841/dopamine/

 

la photo sans appareil ….

avec ARTE et Patrick Bailly-Maître-Grand, qui se réapproprie les techniques des débuts de la photographie, comme la strobophotographie ou le daguerréotype. Son œuvre, entièrement analogique et résolument poétique, revient à l’essence même de l’image. Il fait de la photo sans appareil photo.

https://www.arte.tv/fr/videos/086962-012-A/la-photographie-sans-appareil-photo/